- Architecte
- Comblen Paul
- Date de réalisation
- 1905
- Date de fin de réalisation
- 1910
- Typologie
- Habitation unifamiliale
- Maître d'ouvrage
Société anonyme des Verreries Jonet
- Adresse
- Rue de Montigny - 6000 Charleroi
- Réf bibliographique
MOOR, Thomas, Paul Comblen (1869-1955). De l’Art nouveau au pré-modernisme. Un architecte à la croisée des influences, mémoire en histoire, Liège, Université de Liège, 2001.
- État du projet
Projet non réalisé
- Fonds d'archives
- Comblen Paul (1869-1955)
- Description du dossier
Contient des dessins de détail des maçonneries et des pierres, de la corniche, des menuiseries d’une fenêtre, fers et menuiseries des portes, plan du terrain, des fondations et des différents niveaux. Contient de la correspondance en particulier avec Ernest Delacuvellerie, maître d’ouvrage et les frères Grondel (entrepreneurs en travaux en ciment armé).
- Auteur, date de la notice
- Sébastien Charlier, Thomas Moor, 2026
À l’automne 1905, l’ingénieur des Mines Ernest Delacuvellerie, alors directeur des verreries D. Jonet à Charleroi, confie à son ami Paul Comblen l’élaboration d’un projet de maison destinée à la direction de l’entreprise. Cette industrie verrière, dont les origines remontent au XVIIIᵉ siècle sous l’appellation des verreries de Dorlodot, met à disposition un terrain à bâtir, sous réserve de l’approbation du conseil d’administration. Dès novembre 1905, Comblen se rend à Charleroi afin de relever le terrain et présente à la fin du mois une première étude. Le projet se distingue par l’importance accordée à l’utilisation du verre et par l’adoption de principes constructifs modernes. L’architecte y développe une approche résolument novatrice, privilégiant les matériaux contemporains et les principes d’hygiène et de confort qui caractérisent l’architecture du début du XXᵉ siècle. Le programme repose sur une conception fonctionnelle de l’habitat. Le luxe décoratif y est volontairement limité au profit du confort et de la rationalité constructive. Le projet prévoit notamment des planchers en béton armé, revêtus de mosaïques de marbre au rez-de-chaussée, des surfaces lisses et faciles d’entretien, des revêtements céramiques et une réduction des boiseries. L’équipement technique de la maison témoigne également d’une volonté de modernité : chauffage central à vapeur, distribution d’eau chaude, salles de bains et éclairage électrique. Le plan constitue l’élément central de la conception. Comblen adopte une forme triangulaire, permettant une organisation optimale des espaces intérieurs. Afin d’éviter les angles morts générés par cette géométrie, ceux-ci sont supprimés ou transformés en passages, ce qui renforce la sensation de continuité spatiale. La toiture est conçue comme une terrasse en béton armé, solution justifiée à la fois par sa durabilité et par ses qualités d’isolation thermique. La façade principale découle directement de cette organisation planimétrique. Elle se compose de trois travées, dont la travée centrale, plus étroite, est couverte d’une vaste verrière. La composition privilégie des formes géométriques simples : deux volumes rectangulaires symétriques encadrent l’entrée principale et sont percés de larges baies munies de vitraux. Les élévations sont réalisées en briques jaunes, tandis que la pierre est réservée aux soubassements, aux encadrements des fenêtres du premier étage et à quelques éléments décoratifs tels que des pinacles. L’aménagement du jardin prolonge la logique géométrique du bâtiment. Il s’organise autour d’une fontaine octogonale, évoquant la forme du hall intérieur, depuis laquelle se déploient les pelouses du parc. La situation de la maison, à proximité de l’usine, influence également son expression architecturale : l’édifice cherche à concilier un caractère industriel avec l’atmosphère plus paisible d’une maison implantée dans un parc. Conscient du caractère novateur de son projet, Comblen accompagne son avant-projet d’un commentaire destiné à justifier ses choix face aux administrateurs de la société. Il y affirme que toute rupture avec les usages architecturaux doit être motivée par des raisons rationnelles, soulignant ainsi la dimension fonctionnelle et technique de sa démarche. En mai 1906, le conseil d’administration donne un accord de principe pour la construction de l’habitation, mais demande certaines modifications. Comblen revoit alors son projet et remet en novembre un nouveau dossier. Si le plan triangulaire est conservé, la façade et la toiture sont profondément remaniées afin d’adopter une expression architecturale plus conventionnelle. Les contacts avec les entrepreneurs sont engagés et un cahier des charges détaillé est rédigé. Malgré ces avancées, le projet ne sera finalement pas réalisé. Le départ probable d’Ernest Delacuvellerie de la direction des verreries prive Comblen de son principal soutien au sein de l’entreprise, compromettant définitivement la construction de la maison.
Projets du même fonds
Aubette Bellens – Pont du Longdoz
Aubettes Bellens – Coronmeuse
Aubettes Bellens – Rue du Parc
Aubettes Bellens – Place de Fragnée
Aubette Bellens – Place des Guillemins
Aubette Bellens – Place Saint-Lambert
La Bicoque
Les Échos du Ton
Maison Comblen
Maison Delacuvellerie
Maison d’habitation et atelier d’artiste
Maison Sophie Blanpain
Mémorial universitaire
Monument du 75ème anniversaire de l’indépendance belge
Monument Hankar
Pavillon de l’Union des Femmes belges contre l’alcoolisme
Projet de salon pour l’Union des fabricants d’armes
Projet de théâtre en plein air
Projet de fontaine en mémoire de Jean Del Cour
Projet pour deux maisons
Stand de la Société de la Vieille Montagne – Exposition de Düsseldorf 1902
Salon liégeois pour l’exposition d’art décoratif moderne belge – Exposition de Milan 1906