- Architecte
- Verlinden Modeste
- Date de réalisation
- 1880
- Typologie
- Culte et Philosophie
- Adresse
- Place de la République - 59280 Armentières
- État du projet
Projets réalisés (détruits durant la Première Guerre mondiale)
- Fonds d'archives
- Verlinden Victor (1874-?)
- Description du dossier
Deux tirages photographiques sur plaques de verre
- Auteur, date de la notice
- Etienne Hadoux, 2026
Plusieurs clichés représentent l’intérieur de l’église Notre-Dame du Sacré-Cœur d’Armentières. On y distingue un confessionnal richement décoré ainsi qu’une station de chemin de croix épousant la forme d’une colonne. L’ensemble est traité dans un style néorenaissance. Les statues encadrant la porte du confessionnal représentent saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Le tympan figure un épisode rapporté par trois des quatre Évangiles (Mt 16, 13-20 ; Mc 8, 27-30 ; Lc 9, 18-21), dont le récit selon saint Matthieu a directement inspiré l’iconographie. Jésus y déclare à Pierre : « Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». Dans le langage biblique, « lier » et « délier » signifient exercer une autorité spirituelle, notamment pour retenir ou remettre les fautes. Cet épisode fonde ainsi le sacrement de pénitence, dont le confessionnal constitue le lieu concret. L’atelier Verlinden a choisi de représenter le moment précis où Pierre, agenouillé, reçoit les clés du Royaume, figurées comme des objets matériels. La station du chemin de croix visible sur le cliché correspond à la station n° XI : Jésus cloué sur la croix. Un médaillon situé dans la partie inférieure porte les lettres A. L., probablement les initiales du donateur. Dans la partie supérieure, l’inscription « Priez pour les défunts » rappelle les dévotions annexes associées à la pratique du chemin de croix. Une autre vue montre la chapelle de Saint Joseph, où se dresse l’autel dédié au saint, de style néorenaissance, œuvre de l’atelier Verlinden. L’ornementation de l’autel mêle de manière libre et foisonnante des éléments de l’architecture classique – colonnes cannelées, chapiteaux, portique – à des motifs d’inspiration médiévale, auxquels s’ajoutent des fleurs de lys, attribut symbolique de saint Joseph. Le résultat est un ensemble particulièrement riche et spectaculaire. Au-dessus du tabernacle, devant un portique de style classique, se reconnaît la statue de Saint Joseph portant l’Enfant Jésus. Dans la partie supérieure, ce portique se prolonge et s’élève pour se transformer en flèche. L’autel se distingue par la profusion de figures angéliques : putti tenant des tiges de lys au sommet du portique, anges adorateurs encadrant la porte du tabernacle, masques de séraphins le long de la faîtière, ange en prière sur le tombeau de l’autel, ainsi qu’anges psychopompes accompagnant la scène figurée sur ce même tombeau. Les pilastres latéraux portent les statues d’Abraham à gauche et du roi David à droite. Les initiales entrelacées « SA » et « SD », placées au-dessus des statues, renvoient respectivement à Saint Abraham et Saint David. Les scènes figurées sur le retable représentent, à gauche, le mariage de Joseph et Marie, et à droite, la Fuite en Égypte. Sur le tombeau de l’autel, entre deux anges en prière, est représentée la Mort de saint Joseph dans les bras de Jésus et de Marie. La clôture de la chapelle, portant le nom de Joseph, pourrait également être l’œuvre de l’atelier Verlinden ; la réalisation de grilles et d’ouvrages métalliques faisant aussi partie de ses spécialités. L’ensemble a été détruit lors de la Première Guerre mondiale.